Le prélèvement de l’impôt sur les droits d’auteur

Depuis le 1er janvier 2019, les droits d’auteur sont soumis au prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu sous forme d’acomptes prélevées directement sur le compte bancaire des auteurs par l’administration fiscale (comme pour les travailleurs indépendants). Ces nouvelles modalités concernent tous les auteurs et autrices.

Comment s’effectue le prélèvement de l’impôt sur les droits d’auteur ?

Le prélèvement à la source est effectué directement par les services des impôts sur le compte bancaire des auteurs et autrices, comme pour les revenus des travailleurs indépendants, sous forme d’acomptes dits contemporains. La Scam n'effectue donc pas de prélèvement au titre de l’impôt sur les droits d’auteur.
Le montant est prélevé par défaut mensuellement (le 15 de chaque mois) ou trimestriellement si l'auteur en a fait la demande auprès de l’administration fiscale en fin d’année 2019 (soit les 15 février, 15 mai, 15 août et 15 novembre).

Les acomptes réglés en 2020 sont calculés sur la base des revenus et taux d’imposition 2018 (de janvier à août).
À partir de septembre 2020, les acomptes seront calculés sur la base des revenus 2019, une fois la déclaration de revenus enregistrée.
La régularisation de l'impôt interviendra fin août 2021, d’après la déclaration de revenus 2020. 

La déclaration de revenus reste donc nécessaire.


Le report d’échéance est-il possible ?

Si l'auteur ou l'autrice n'a pas de visibilité sur ses revenus en début d’année, il ou elle peut opter pour le report d’échéances, dans la limite de trois échéances mensuelles ou d’une échéance trimestrielle au cours d’une année.

La demande de report doit être effectuée dans l'espace personnel accessible sur le site www.impots.gouv.fr, à la rubrique « Gérer mon prélèvement à la source », par téléphone ou au guichet du service des impôts des particuliers.
Cette demande doit être formulée le 23 du mois (M) pour être prise en compte sur l’échéance du mois suivant (M+1). 

Exemple 

Si le montant total des acomptes au titre de l'année 2020 s'élève à 3 000 € versés en douze mensualités de 250 € chacune (3 000/12), ces dernières seront prélevées sur le compte bancaire le 15 de chaque mois.
Si en mars 2020, l'auteur ou l'autrice souhaite reporter l’échéance suivante (du mois d’avril) : en mai, la somme de deux échéances de 250 € lui sera prélevée sur son compte bancaire (soit 500 € pour avril et mai). Cette opération peut être renouvelée deux fois dans l’année.


Peut-on moduler les prélèvements ?

Le montant du prélèvement à la source peut être modifié en cas de changement de situation familiale (mariage, PACS, arrivée d’un enfant mineur au sein du foyer fiscal, divorce…). L'auteur ou l'autrice doit en informer l’administration fiscale afin que ces modifications soient prises en compte en cours d’année.

Une modulation du prélèvement est également possible en cas de variation à la hausse ou à la baisse des revenus. Attention toutefois, les acomptes réglés en 2020 correspondant à l’impôt prévisionnel dû au titre de 2020, la modulation à la baisse suppose que l'auteur soit en mesure d’estimer les revenus à percevoir en 2020.

La demande de modulation doit être effectuée au plus tard le 23 du mois pour être applicable le mois suivant. 

En cas de modulation excessive à la baisse - montant du prélèvement estimé inférieur de plus de 10% au prélèvement dû au titre de l’année en cours -, il y a un risque de pénalité qui sera calculé l’année suivante avec l’avis d’imposition.
Il convient toutefois de souligner que si le contribuable peut justifier que l’estimation erronée de ses revenus a été réalisée de bonne foi à la date de sa demande de modulation ou provient d'éléments difficilement prévisibles à cette date, la sanction ne s’applique pas. Cette clause de bonne foi est particulièrement adaptée aux revenus en droits d’auteur qui sont par nature irréguliers et imprévisibles (article 1729 G, III du code général des impôts).


Comment est calculé le taux d’imposition ?

Le taux propre au foyer fiscal est déterminé par les services fiscaux :
- de janvier à août 2020 d’après les revenus 2018.
- de septembre 2020 à août 2021 d’après les revenus 2019.
Pour les acomptes afférents aux droits d’auteur, un couple soumis à l’imposition commune peut opter, à tout moment, pour un taux individualisé qui tient compte du niveau de revenu de chaque conjoint, conjointe ou partenaire. 
L’option pour le taux non personnalisé ou taux dit « neutre » ne vise que les traitements et salaires afin d’assurer la confidentialité des revenus auprès de l'employeur.


L’article 100 bis est-il pris en compte ?

Le calcul tiendra compte de ce régime si l'auteur ou l'autrice a opté pour l’application de l’article 100 bis du Code général des impôts qui permet de lisser l’assiette imposable des droits d’auteur sur le revenu des trois ou cinq dernières années.


La déclaration de revenus est-elle maintenue ?

L'auteur ou l'autrice devra continuer à établir une déclaration annuelle de ses revenus, y compris en 2021 au titre des revenus 2020.


Rappel : si les droits d’auteur sont déclarés selon le régime des traitements et salaires, il est nécessaire de remplir la nouvelle case 1GF, distincte de la ligne « traitements et salaires » afin d’identifier séparément les droits d’auteur. À défaut, l’administration fiscale ne pourra pas calculer des acomptes sur les droits d’auteur et l'impôt sera calculé et payé l’année suivante, après la déclaration de revenus.
Chaque année, la déclaration s’effectue en avril-juin.

Non résidents : la retenue à la source de l'impôt sur le revenu 

Les auteurs et les autrices dont le domicile fiscal est situé hors de France sont assujettis, en France, à une retenue à la source sur les droits d'auteur de source française qu'ils ou elles perçoivent. 

Cette retenue à la source est de 26,5% en 2021.

Cette retenue à la source, réglée à l'État français, ne dégage pas l’auteur ou l'autrice de déclarer ses revenus dans son pays de rattachement.

Certains pays ont signé des conventions fiscales avec la France qui prévoient l’application d’une retenue à la source à un taux réduit effectuée sur le montant brut des droits d'auteur (c’est-à-dire avant déduction des cotisations sociales : Urssaf, CFP, CSG déductible et CRDS). Certaines conventions prévoient même une exonération totale de la retenue à la source en France.

Pour bénéficier de l’avantages conventionnel et donc d'une réduction ou d'une exonération de la retenue à la source en France, l'auteur ou l'autrice doit en début d’année, justifier de sa qualité de non-résident fiscal de France en fournissant à la Scam les formulaires 5000 et 5003, délivrés et visés par l'administration fiscale de son pays de rattachement. Ces formulaires doivent être renouvelés tous les ans (année civile).

Dans le cas, assez rare en pratique, où la convention fiscale ne prévoit pas l’utilisation de ces formulaires, l’auteur pourra justifier par tout moyen de sa qualité de résident fiscal.


Conseiller fiscal

La Scam, pour accompagner ses membres, met en place des consultations gratuites avec un avocat fiscaliste. Elles ont lieu chaque année à la Maison des auteurs. Au cours de celles-ci, les auteurs et autrices peuvent obtenir des conseils sur leur déclaration de revenus, les frais professionnels,les modalités de prélèvement de l’impôt sur les droits d’auteur...
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